mardi 19 mai 2026

Autoportrait à la Lee Miller

 Il y a plus d'une année je vous avez signalé dans ce bâtiment :




Un message peint à la bombe se trouvant à l'intérieur, mais parfaitement visible de l'extérieur :



    Peut-être est-il temps à ce point du récit de vous rappeler que ma grand-mère, mon père âge de dix ans et sa grand sœur ont échappé à la Raffle du Vel d'hiv par un pur hasard, alors que le métro était contrôlé ; ma famille paternelle n'a dû son salut qu'au fait que la Gestapo a contrôlé les premiers wagons de la rame du métro ligne 9 dans lequel se trouvait ma grand-mère se rendant à Boulogne-Billancourt où mes grands-parents possédaient une épicerie familiale (qui leur a été confisquée, et pour laquelle ma famille n'a jamais reçu la moindre compensation), et l'armée allemande les derniers. Mon père se trouvait endormi sur le giron de sa mère, sa tête masquant l'étoile jaune infamante sur le manteau de ma grand-mère ; celle-ci a voulu réveiller son fils, mais le soldat par humanité, compassion, ou peut-être parce que lui-même avait un petit garçon de cet âge-là quelque part à des milliers de kilomètres lui a fait signe de laisser l'enfant dormir, il est ressorti de la rame en laissant trois juifs échapper au redoutable coup de filet organisé par les autorités françaises pour complaire à l'occupant.

    Le soir-même mon grand-père organisait le départ de sa famille pour la Normandie, réussissant à trouver des gens prêts à faire passer sa femme et ses deux enfants pour de bons catholiques en échange de ticket de rationnement qu'il devait faire parvenir à la famille les hébergeant sur la Ferté-Bernard au moins une fois par mois, ce qui le contraignait à prendre le train régulièrement.
    
    Il est mort avant la fin de l’armistice, dans le bombardement d'une gare de triage prise pour cible par les Alliés, non sans avoir sauvé autant de personnes bloquées dans le train qu'il a pu avant de sauter dans ledit wagon dont il tentait de sortir une dernière personne. Son héroïsme a été reconnu au plan national après la libération : il est considéré encore à ce jour comme héros de guerre, sa veuve a reçu toute sa vie à ce titre une pension et ses enfants étaient pupilles de la Nation.

    Je suis particulièrement sensible à l'antisémitisme et d'autant plus que ma mère n'étant pas juive, j'ai reçu une éducation catholique et française ce qui n'a jamais empêché mes camarades de classe de juger mon nom pas assez « français » à leur goût, mes cheveux beaucoup trop frisés pour ne pas être suspect ; mon supposé judaïsme m'a exclue de la société française, tant pour trouver des alter ego dont me faire des amis, que pour un travail (j'ai fait un jour l'expérience d'envoyer pour une candidature à un emploi sur le 44 un même curriculum vitae accompagnée d'une même lettre de motivation en deux exemplaires, l'un à mon nom d'état civil, un autre au nom de « Tréhélo ». Emmanuelle Dadoun n'a reçu aucune réponse, pas même un courrier de « merci, mais non merci, désolé » tandis que Emmanuelle Tréhélo a décroché un entretien, auquel je ne me suis pas rendue ; je me suis contentée de transmettre tout le dossier à une association de lutte contre l'antisémitisme).

    Je ne pouvais laisser ce tag à la portée d'yeux anonyme, d'autant plus qu'il se trouve juste à côté d'une aire de jeux pour enfants. Son existence même m'est devenue ce printemps insupportable après avoir vu le film où la photographe Lee Miller est incarnée par Kate Wintslet, la semaine (jugez de la sérendipité de la coïncidence) où Télérama sortait un hors série sur cette incroyable femme qui est allée au front, a pris la photo à Saint Malo d'une « tondue » à la libération, est allée en Allemagne pour essayer de comprendre où partaient en wagons à bétail pour l'Est des millions de personnes, qui disparaissaient sans que l'on sache vraiment, et  découvert :



    Elle s'est lavé de la suie humaine des camps dans la baignoire d'Hitler :



    Je suis à l'heure actuelle en phase maniaque, et le tag s'est mis à m'obséder, j'ai brusquement eu l'irrépressible impression de tenter un truc fou (logique, pour un cerveau neuro-atypique) un autoportrait sous ce foutu tag avec la couverture de Télérama sans vraiment me rendre compte que cela allait impliquer légalement une violation de propriété. Mais comme cela m'obsédait, m'empêchant de dormir, aggravant mon état psychiatrique, mon agressivité, ma paranoïa, mes hallucinations, mes fixations obsessionnelles, j'ai cédé à la pulsion.

    Je l'ai fait.


Je suis entrée dans ce bâtiment :



    J'ai fait cet Autoportrait :


    Et puis j'ai vu rouge et je me suis retrouvée dans l'incapacité de me contrôler. J'ai eu une  pulsion incontrôlable, une nécessité viscérale de faire disparaître ce nom maudit et cet emblème honni.

    Et je suis au regret d'avouer, Monsieur Le Maire, que j'ai perdu le contrôle et je l'ai fait.




    Ma fibromyalgie m'a empêchée d'arriver au bout de mon idée initiale, je n'arrivais plus à tenir ma « gomme », alors j'ai invoqué l'esprit de mon grand père pour me donner de la force et j'ai changer d'outil :



C'est quand même mieux comme ça, non ?


    Il va sans dire que je me tiens à votre disposition pour toute sanction que vous jugeriez utile de m'infliger pour la violation de propriété dont je me suis rendue coupable et les dégradations que j'ai fait une fois à l'intérieur.

    Je vous présente mes excuses, car même bipolaire en état maniaque je n'en ai aucune, et j'espère que l'administration française dont je dépends pour tout étant une handicapée adulte isolée ne me tiendra pas trop rigueur de cette perte de contrôle que j'aurais dû mieux maîtriser.

    Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de bien vouloir recevoir l'assurance de mes salutations les plus sincères, et me permets à l'occasion de ce courrier, de vous féliciter pour votre réélection à la tête de notre conseil municipal et de nos employés municipaux, si efficaces et si ingénieux malgré le manque de moyens financiers pour faire de notre cadre de vie un endroit agréable où être heureux.







Je suis amoureuse de ma nouvelle lame papillons


 


 


 
- Reine des Pommes -

 

Chinoiserie à mes couleurs


 

Appropriation culturelle


 


 


 


 


 


 


 


 

Haute Tension

 

- LAND LINE -

HARD LINE

J'adore cette taie de coussin... les meilleurs 78 euros dépensés en déco de l'année (avant l'achat de la seconde)

Merci Aiguilles à Malice de nous proposer des choses passionnantes malgré notre recul dans l'arrière-pays


 

A la volée en Saint Gildas des bois à la Source

- Détail Bibliothèque SGDB -

 
 - Picture of Mental Health -

- Who's inspired -

 - Ô cieux funestes, comme vous déteignez gris sur le coloré... -

- Rapine de Pampilles -

 "Oh, tu seras jamais la reine du balVers qui se tournent les yeux éblouisPour que tu sois belle, il faudra que tu le deviennesPuisque tu n'es pas née jolie" (crédit paroles JJGOLDMAN)


-  Okay. T'as Gagné. Ta teub est plus grosse que la mienne -

Des Soins esséniens égyptiens ?!

Sans Déconner !!!

Mais où va se loger la crédulité des gens... 

Ben dans leur ignorance, quoi, mouhahahaha



- Y a sûrement moins de danger de mort dans le cimetière qu'on le pense -


 - Flying at the tip of my fingers -


- Woody wood not peakers -


- Raven veille -

- Madonne de cimetière -



- Coincée entre deux hiatus diachroniques -

- Cascade de bois -


- Tag sous surveillance -

- Lignes célestes vs lignes terrestres -


- Pour un Stitch de plus -




- Et une bonne promenade se finit sur sur bonne trouvaille - caillou à trou février 2026 -