Un pèlerinage sur le Golfe du Morbihan serait totalement incomplet sans une dégustation de galette et de crèpe dans une des meilleurs crêperie de la région, la Goélette de Baden. J'ai découvert les lieux l'année dernière dans les pires circonstances j'ai réécrit mes souvenirs cette année avec mon convent... On s'est vraiment bien amusées : les plats sont merveilleux, le service impeccable, l'accueil chaleureux... Que demander de plus quand on a la meilleure des compagnies pour en profiter ?
La terrasse est très ensoleillé comme j'avais pu le constater l'année dernière ; on a réservé à l'intérieur cette année pour les Sœurs parmi nous qui apprécient le moins le soleil (encore une chose sur laquelle j'arrive à m'entendre enfin avec d'autres personnes, le soleil c'est dangereux pour la santé, bordel !)
Il faisait frais à l'intérieur, après la chaleur subie sur l'îlot, on était ravie d'avoir une place à l'abri...
Et ça ?! Ah ça... Oui c'est le même que l'année dernière, une de mes sœurs de foi a décidé de nous en offrir une bouteille pour me prouver que ce n'est pas le contenu qui était mauvais l'année dernière... Juste la personne qui le buvait. ^^ Et vous savez quoi ? Elle a raison. Aucune d'entre nous n'a pété de câble quand nous sommes allées nous retirer en forêt pour finir les cérémonies de la journée en compagnie de Druides...
Etats-Unis: acier et aluminium au menu de la rencontre Merkel-Trump
Par
RFI
Le
président américain Donald Trump et la chancelière allemande Angela
Merkel, lors d'une conférence de presse commune à Washington, le 17 mars
2017.
REUTERS/Jim Bourg
Trois jours après le président
français, Emmanuel Macron, c'est au tour d'Angela Merkel, la
chancelière allemande, de rendre une visite à Donald Trump. Sa tâche ne
sera pas facile. A plusieurs reprises, le président américain avait
critiqué l'Allemagne pour son excédent commercial. Au menu des
discussions : le dossier nucléaire iranien, mais surtout les taxes
douanières que les Etats-Unis veulent imposer à certains de leurs
partenaires commerciaux.
Ainsi, des taxes de 25%
toucheront les importations d'acier et de 10% celles d'aluminium. Le
Mexique, mais surtout le Canada, le premier partenaire commercial des
Etats-Unis et leur premier fournisseur d'acier, en sont pour le moment
exemptés. L'Union européenne bénéficie, quant à elle, d'une dérogation
provisoire, mais seulement jusqu'au 1er mai, le jour de l'entrée en
vigueur de la nouvelle loi.
Le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a
laissé entendre que cette exemption ne serait prolongée que si les
Etats-Unis obtenaient des concessions. Pas plus de détails sur la nature
de ces concessions. Kudlow a seulement évoqué le secteur automobile.
Les Américains ne cessent de réclamer une plus grande ouverture des
marchés européens à leurs produits.
Pour le moment, les Européens campent sur leurs positions : ils
n'entameront aucune discussion avec Washington sans une exemption
définitive des taxes américaines. Lors de sa visite, Emmanuel Macron avait été très clair
là-dessus, rappelle Bruno Le Maire, ministre de l'Economie. En
revanche, si l'UE obtenait cette dérogation, la France serait prête à
ouvrir des discussions avec les Etats-Unis sur le futur de l'Organisation mondiale du commerce.
Ce qui pousse d'ailleurs François Hollande à remarquer : "C’est un comportement étrange du côté de Trump. Macron est plutôt passif dans le couple".
M'est d'avis que la rumeur russe ne va pas tarder à devenir américaine... Reste à savoir comment Trump va sod... ahem enc... humhum va BIIIIIIIIIIIIIIIIIP ! notre très cher président... Ah pardon, c'est déjà fait : les Américains nous obligent à admettre notre présence militaire en Syrie, pile poil ce sur quoi notre gouvernement voulait rester screud...
La suite de nos relations avec les USA promet... ^^
Son mari s’est suicidé sur les rails, la SNCF lui réclame « réparation du dommage »
Le courrier de la SNCF demandant "réparation" a choqué
la veuve d'un homme qui s'était suicidé voici deux ans en se jetant sur
les rails. | REGIS DUVIGNAU / REUTERS
Ouest-France.
Modifié le
Publié le
Le
14 avril 2016, dans l’Aisne, un homme met fin à ses jours en se jetant
sur les rails. Deux ans plus tard, sa veuve reçoit un courrier de la
SNCF lui demandant de fournir les coordonnées de l’assurance
responsabilité civile de son mari, en vue d’« obtenir réparation du
dommage ».
D’abord quelques mots de condoléances. Puis ces phrases : « En
raison de son caractère malheureux, il n’est nullement dans mon
intention de rechercher un dédommagement auprès de la famille. Vous
priant de m’excuser de ces considérations matérielles en ces pénibles
circonstances. » Il n’empêche. L’objet de cette lettre de la SCNF, reçue en début de semaine par Aurore Lecomte-Lavalard, selon l’Union et le Courrier Picard,
est bien de fournir les coordonnées de l’assurance responsabilité
civile de son mari. Lequel s’est suicidé le 14 avril 2016 en se jetant
sur les rails dans l'Aisne. Un geste qui, selon le groupe, aurait
entraîné « un surcroît de dépenses » ; du coup, la SNCF souhaite « obtenir réparation du dommage ».
La
demande est d’autant plus choquante que ce courrier est arrivé à Chauny
(Aisne), au domicile de sa veuve, âgée de 42 ans, et de ses trois
enfants, deux ans après la mort de son époux. « Si je l’avais reçu à l’époque, j’aurais pu comprendre, mais là, c’est comme remuer le couteau dans la plaie. »
Une « procédure administrative normale »
« J’ai appelé l’assurance responsabilité civile et ils n’ont plus rien sur mon mari, poursuit Aurore. Forcément, après le décès, ils ferment tout ». « On est dans une procédure administrative normale », rétorque la SNCF contactée par l’Union. « Quand
il y a un suicide, nous nous rapprochons toujours des assurances. On
tente de les contacter par différents biais. […] En dernier recours, on a
contacté la famille ». « En aucune façon, on n’agira auprès de la famille après ce courrier », conclut la SNCF. Et au fait, que représente cette « réparation du dommage » demandée ? « Elle concerne dans la plupart des cas le dédommagement des voyageurs en cas de retard », ou la mise à disposition de personnel lors de l’accident.
Cimetière profané dans le Tarn : 200 croix retournées
Faits divers
200 croix ont été retournées dans le
cimetière de Valence-d'Albigeois.
Satanisme ?
Jeux d’enfants ? Acte de folie ? Imbécilité ? Quel motif a-t-il pu
pousser une ou plusieurs personnes à accomplir de tels faits qui ont ému
les habitants de ce village du Ségala tarnais. La plupart des croix des
tombes du cimetière ont été retournées au cours de la nuit de mercredi à
jeudi : 200 sur les 350 sépultures que compte le cimetière, selon les
enquêteurs.
« On ne sait pas trop ce qui s’est passé, expliquait hier soir
Christine Deymié, maire du village. Ce matin, une habitante est allée
faire une visite au cimetière, elle a trouvé étrange qu’autour de la
tombe familiale, plusieurs croix de sépultures voisines étaient
retournées. Elle est venue nous raconter tout ça à la mairie. Avec un
adjoint, nous sommes allés voir et on a bien constaté que la plupart des
croix étaient effectivement retournées. Elles n’étaient pas
détériorées, sauf quelques-unes très légèrement et il n’y avait aucune
inscription. C’est étrange ».
Pas de signature donc. Aussitôt alertés, les gendarmes de la localité
se sont rendus au cimetière pour constater la réalité des faits. Leurs
collègues de la brigade de recherches d’Albi ont à leur tour été
mobilisés ainsi que les techniciens de l’identification criminelle.
Avant la remise en état du cimetière, ces derniers ont longuement
inspecté les lieux hier après-midi, pour relever la moindre trace, le
moindre débris, et effectuer de nombreux prélèvements.
Bref, il s’agissait d’engranger de multiples indices qui serviront aux gendarmes de Valence, chargés de l’enquête.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1 - Une ex-compagne de Tariq Ramadan se confie : "On a vraiment affaire à un manipulateur"
Majda
Bernoussi a entretenu une relation de cinq ans avec l'islamologue,
entre 2009 et 2014. Rencontrée par Europe 1, elle ne dénonce aucun viol
mais estime s'être faite "avoir" et décrit une emprise psychologique
intense.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1Elle
ne l'accuse pas de viol et ne compte pas porter plainte. Mais Majda
Bernoussi estime avoir vécu une relation avec un "prédateur", et son
témoignage intéresse les enquêteurs : entre 2009 et 2014, la
Belgo-marocaine a fréquenté le prédicateur musulman Tariq Ramadan. Pour
la première fois depuis la mise en examen de l'intellectuel, soupçonné de viols,
elle raconte, auprès d'Europe 1, l'emprise psychologique qu'elle estime
avoir subie, l'accord financier qu'elle a accepté pour se taire et les
autres victimes dont elle aurait recueilli les confidences. "Une relation plus poussée". Majda
Bernoussi se décrit comme une musulmane pratiquante. En 2009, elle
vient de terminer un ouvrage sur son passé difficile et ses questions
quant à la religion et souhaite s'adresser à un "intellectuel musulman".
"En pleine quête spirituelle", elle adresse son manuscrit à Tariq
Ramadan. "C'est comme ça que le contact s'est fait. Très vite, il me dit
qu'il est tombé amoureux de la fille du livre. Je suis un peu étonnée
mais à force, on a une espèce de relation épistolaire". >> Écoutez l'interview intégrale de Majda Bernoussi :
Pendant
quelques semaines, ils échangent par Facebook ou par SMS. Puis il
propose de la rencontrer, "parce que c'est lui qui est en demande d'une
relation plus poussée".
Tous deux se rencontrent.
"Pour moi, c'est le début d'une histoire", souffle Majda Bernoussi. Sur
internet, la jeune femme a lu que Tariq Ramadan était marié. Mais il
jure qu'il est divorcé "devant Dieu et les hommes". "Je le crois à ce
moment-là, parce qu'il n'y a pas de raison de douter. Clairement je suis
dans une quête spirituelle et pour moi ça part sur quelque chose de
sain, de spirituel avec de vrais codes assez carrés", raconte-t-elle. "Il veut avoir une mainmise sur moi". Mais
la relation démarre "bizarrement". "Quand j'émettais un doute il m'en
voulait, il me disait, 'je ne suis pas ça'. Je lui disais : 'ça n'est
pas une aventure ?', il me disait 'ne m'insulte pas'", poursuit-elle.
"Il ne veut rien entendre, il ne veut pas que j'ai de cerveau, il ne
veut pas que je réfléchisse. Il veut avoir une mainmise sur moi."
Entendu sur Europe 1
L'éthique, la morale, la foi, la bonté, c'est des choses qu'il réserve face caméra
Pourtant,
la jeune femme ne quitte pas l'islamologue. "J'ai été amoureuse de ce
qu'il prétendait être", analyse-t-elle, décrivant une liaison chaotique
et des "crises" régulières. "On a vraiment affaire à un prédateur, un
manipulateur extrêmement malsain, tout à fait aux antipodes de l'image
qu'il donne. (...) J'étais de plus en plus malheureuse, je m'asphyxiais
de l'intérieur. C'est ce qu'il veut : une soumission complète.
L'éthique, la morale, la foi, la bonté, c'est des choses qu'il réserve
face caméra. Hors champ, je n'ai jamais eu affaire à ce type là." "Quelqu'un que je n'ai jamais vu prier". Selon Majda Bernoussi, ce fossé entre la personnalité publique de l'islamologue et
son attitude en privé se vérifie également en matière de religion.
"Quand on lui parle de pratique, il balaye d'un geste de la main en vous
disant que ce ne sont que des détails. C'est quelqu'un que je n'ai
jamais vu prier, jamais." Quant à l'attitude de Tariq Ramadan lors de
leurs rencontres, elle ne dénonce pas de violences, contrairement aux
plaignantes françaises. Tout juste admet-elle pudiquement "des
comportements qui sortaient du cadre habituel".
Pour
la Belgo-marocaine, le déclic survient un jour où elle se sent mal,
cinq ans après le début de leur relation. "Je suis dans tous mes états
et il me regarde en souriant. Au moment où je vois ce sourire, c'est
bizarre, ça me réveille." Petit à petit, elle prend du recul sur son
histoire : "je n'ai jamais été dans quelque chose d'aussi noir que cette
relation, qui a été vraiment destructrice. Il me disait tout le temps :
'vivre, c'est détruire'. Ça a quelque chose de galvanisant pour lui." "Comme sortie d'une secte". Majda
Bernoussi alerte alors des journalistes, des institutions religieuses,
et la communauté qui entoure Tariq Ramadan sur les réseaux sociaux. "Je
vais sur son Facebook à lui, je me mets à écrire ce qui m'est arrivé",
raconte-t-elle. "Insultée, menacée", elle affirme qu'on essaie de "[la]
faire taire". Au bout d'un an, "complètement vidée, aussi bien
physiquement que moralement", elle accepte de signer une convention
proposée par l'intellectuel : contre 27.000 euros, elle supprime les
messages relatant leur histoire et s'engage à ne plus en parler
publiquement.
Entendu sur Europe 1
Dans la vraie vie c'est un véritable barbare, aussi bien intellectuellement que physiquement
"Pour
lui, il a acheté mon silence, mais pour moi, j’avais tout dit, et pas
trouvé d’écho", explique-t-elle. "Donc j’ai pris cet argent d’abord
comme un remboursement : c’est moi qui payait souvent, il me disait
qu’il n’avait pas d’argent. Mais surtout, comme une sorte de
reconnaissance morale de ce qu’il m’avait fait." "Au moins 25 femmes". Aujourd'hui,
c'est le récit de cette relation de "soumission" qui intéresse les
enquêteurs : selon nos informations, la police française a demandé à
entendre Majda Bernoussi, représentée par l'avocat Eric Morain, dans
l'enquête en cours, jugeant son témoignage susceptible d'éclairer la
personnalité de Tariq Ramadan.
L'ancienne compagne de
l'islamologue affirme en outre avoir échangé avec "au moins 25 femmes"
qui se trouvaient dans la même situation qu'elle en 2015. "Il faisait ça
de manière industrielle", assène-t-elle. "Dans la vraie vie c'est un
véritable barbare, aussi bien intellectuellement que physiquement. (...)
Il s'adapte à chaque profil, il n'a aucune limite et il se donne le
droit. Il me disait tout le temps : 'je suis protégé, je ne suis pas un
homme ordinaire'."
Concernant les accusations de viols et d'agressions sexuelles,
Tariq Ramadan nie formellement les faits qui lui sont reprochés par les
plaignantes françaises. Mais l'intellectuel a opéré un changement dans
sa ligne de défense, la semaine dernière : d'après son avocat, il
reconnaît avoir entretenu une "relation" avec l'une des femmes qui
l'accusent, "mais pas celle qu'elle décrit". Son conseil, Me Emmanuel
Marsigny, qualifie lui de "disproportionnée" la détention provisoire de
son client, écroué depuis sa mise en examen, en février.
Espagne. « La meute » condamnée pour abus sexuels : indignation des féministes
Des militantes féministes ont contesté la décision du tribunal. | VINCENT WEST / REUTERS
Par Ouest-France
Publié le
Cinq
hommes se surnommant « la meute » ont été condamnés à la prison jeudi
en Espagne pour « abus sexuels » sur une femme aux fêtes de la San
Fermin, mais le crime de viol n’a pas été retenu, ce qui a provoqué la
protestation de féministes.
Survenue le 7 juillet 2016 pendant les fêtes populaires de la San Fermin en Navarre (nord), l’affaire avait donné lieu au « procès de l’année » ultramédiatisé en novembre 2017 à Pampelone.
Les cinq Andalous, âgés de 27 à 29 ans - qui se surnommaient « la meute » sur leur groupe de messagerie WhatsApp - ont été reconnus coupables du délit espagnol d'« abus sexuel » sur une jeune Madrilène de 18 ans, aggravé d'« abus de faiblesse », et condamnés à neuf ans de prison.
Mais les juges du Tribunal de Navarre (nord) n’ont pas retenu la notion de viol, selon la lecture publique du jugement.
« Ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol »
Et aussitôt après, des manifestants ont protesté aux portes du tribunal aux cris de « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ».
L’un
des accusés est membre de la Garde civile - actuellement suspendu de
ses fonctions - un autre a appartenu à l’armée. Plusieurs étaient des
supporters « ultras » du Séville FC.
Il leur a
également été interdit d’approcher la victime à moins de 500 mètres et
de la contacter pendant 15 ans. Ils devront lui verser, tous ensemble,
une indemnisation de 50 000 €. La peine de prison infligée est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait 22 ans et 10 mois de réclusion contre chacun d’eux et 100 000 € d’indemnisation totale.
Les prévenus, arrêtés dès le lendemain des faits, sont en détention provisoire depuis.
Vague de contestations en Espagne
Une des pièces centrales du procès avait été une vidéo de leurs actes, diffusée avec le message « en train d’en baiser une à cinq ».
La
défense avait réclamé l’acquittement, en n’admettant que le vol du
téléphone de la victime, abandonnée à demi-nue dans une entrée
d’immeuble. Leurs défenseurs soutenaient que la jeune Madrilène - qui
avait auparavant bu de la sangria - était consentante puisqu’elle
n’avait jamais semblé dire « non » à l’image.
Cela avait suscité toute une vague de protestations en Espagne, avec le slogan « moi, oui, je te crois ».
La procureure avait rejeté les arguments des défenseurs en disant que « l’intimidation, gravissime, avait empêché la résistance ou la fuite ».
Elle expliquait que la jeune femme, qui ne s’était jamais adonnée au
sexe en groupe, avait rencontré ses agresseurs sept minutes avant le « viol ».
Les manifestations et la grève générale féministes du
8 mars en Espagne - inédites par leur ampleur - avaient fait référence à
ce fait-divers retentissant, notamment avec la pancarte « la pornographie crée des meutes ».
L’Europe interdit trois néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeilles
Les
Etats membres ont adopté vendredi matin la proposition de la Commission
européenne d’interdire l’usage de ces insecticides « tueurs
d’abeilles ».
LE MONDE
|
• Mis à jour le
|
Par Stéphane Horel
Serait-ce le début de la fin pour les
néonicotinoïdes ? Vendredi 27 avril, les représentants des Etats membres
de l’Union européenne ont décidé d’interdire trois produits de cette
famille d’insecticides jugés dangereux pour les abeilles sur toutes les
cultures de plein air.
La majorité qualifiée requise (55 % des Etats membres représentant
65 % de la population totale de l’UE) a donc été atteinte lors de la
réunion du comité spécialisé chargé du dossier – le Comité permanent sur
les plantes, les animaux, les denrées alimentaires et les aliments pour
animaux. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne se sont tenues à
leurs positions exprimées publiquement et ont voté en faveur de
l’interdiction. Quatre pays ont voté contre : Danemark, Hongrie,
République tchèque et Roumanie. Pas moins de neuf pays se sont abstenus,
dont la Belgique et la Pologne.
Lobbying des industriels de la betterave
Proposé
par la Commission européenne, le texte concerne trois néonicotinoïdes
(clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), dont elle avait
partiellement restreint l’utilisation en décembre 2013. Il s’agissait
donc cette fois non seulement de prolonger ce moratoire, mais aussi de le généraliser à toutes les cultures de plein champ, seul l’usage sous serre restant autorisé.
Des mesures combattues par un lobbying intensif du secteur des
pesticides et des industriels de la betterave à sucre, une des cultures
jusque-là épargnées par le moratoire. Par ailleurs, un jugement de la
Cour de justice européenne, saisie par les deux fabricants de
néonicotinoïdes, Bayer et Syngenta, devrait intervenir avant la fin de l’année.
Le 20 mars, près de 90 eurodéputés avaient écrit au président de la Commission pour lui enjoindre de « tout mettre en œuvre pour convaincre les représentants des Etats membres » de voter l’interdiction. Mais un premier vote en comité, le 22 mars, avait été reporté faute de majorité.
Le dossier scientifique concernant ces « tueurs d’abeilles »,
neurotoxiques et très persistants, est pourtant plus qu’étayé.
Considérée comme conservatrice et proche des intérêts des industriels,
l’Autorité européenne de sécurité des aliments est elle-même parvenue en
février 2018 à la conclusion que les néonicotinoïdes sont très toxiques
pour les abeilles mellifères, les bourdons et les abeilles solitaires.
De nombreuses études désignent ces insecticides comme les principaux
responsables de l’effondrement des populations d’insectes
pollinisateurs. Mis sur le marché dans les années 1990, ils sont
appliqués en enrobage des semences lors du semis, c’est-à-dire en usage
préventif, et se disséminent rapidement au-delà des cultures,
contaminant l’environnement et les fleurs sauvages.
Plus récemment, ce sont leurs effets en cascade sur d’autres espèces
animales qui ont été mis en évidence. En octobre 2017, une étude publiée
dans la revue scientifique PLoS One avait fait les titres des journaux dans le monde entier. A partir
de données de captures d’insectes réalisées depuis la fin des années
1980 en Allemagne, elle suggérait que les populations d’insectes avaient
chuté de près de 80 % en moins de trente ans en Europe. En accusation :
les « nouvelles méthodes de protection des cultures », qui comprennent les néonicotinoïdes.
En mars, des données publiées par le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle soulignaient unedisparition d’un tiers des populations d’oiseaux en quinze ans en France. Une disparition qualifiée par les chercheurs de « proche de la catastrophe écologique » et également attribuée aux pratiques agricoles intensives.